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ANTI-GASPI : LE DIGITAL POUR CONSOMMER AUTREMENT !

Grâce au digital de nouvelles manières de consommer émergent et offre un nouveau pouvoir au consommateur : celui de consommer autrement ! C’est le propre de la transformation digitale de repenser les chaînes de valeur et l’important mouvement anti-gaspi en est un excellent exemple.

Découvrez d’où vient le mouvement, les sources de gaspillage, les enjeux… et les solutions !

D’où vient le mouvement anti-gaspi ?

Cette tendance a émergé grâce à internet et permet de consommer… ce qui n’est pas consommé !

Il faut savoir que dix millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année[1] ! Nécessairement, pour contenter les consommateurs, il faut donc produire plus pour répondre à la demande… et combler le manque de nourriture produite non consommé. Triste constat qui génère évidemment un surcroît de consommation de CO2.

Les sources de gaspillage

Du producteur au consommateur, les denrées perdues le sont tout au long de la chaîne et les agriculteurs ont bien conscience du problème. Même si les rebuts ne sont pas systématiquement comptabilisés, il s’avère que transformer ces produits “moches” ou abîmés directement au sein de l’exploitation s’avère peu rentable dans l’équation temps passé à collecter et à transformer les rebuts face à la marge générée et au temps perdu sur l’activité principale.

5% des produits issus des grandes cultures sont perdus, la plupart du temps ils ne sont même pas récoltés et sont laissés au sol dans le champ. L’outillage ne permet pas de ramasser la totalité de la production à cause de problèmes de réglage et de capacité des machines. Les pertes sur les légumes et les fruits — hors pomme de terre — représente 11%. En plus des problématiques de ramassage s’ajoute des questions de rejet des produits dû à leur calibrage ou à des surproductions qui ne trouvent pas de débouchés. Les fruits, plus fragiles, sont générateurs de plus de rebuts. Abîmés ou non ramassés, ils ne peuvent plus être commercialisés.

Pour leur part, les productions animales génèrent peu de pertes, seul la pêche rencontre une problématique bien spécifique quant à la capture d’espèces indésirables. 20% des pertes sont cependant réintégrés à destination de l’alimentation animale. L’une des solutions serait de faire appel à l’AgTech pour optimiser le ramassage ainsi qu’à des tiers dont le recyclage est le métier.

Chez les distributeurs, les pertes tournent autour de 3,3% des produits alimentaires distribués. Grâce à la loi 2016–138 du 11/02/2016, les dons sont facilités par les enseignes, elles ont l’obligation de remettre leurs invendus consommables aux associations qui en font la demande. Chez les consommateurs se sont 7,3% de gâchis qui sont recensés soit 50 kilos par an et par personne. La filière animale ainsi que les fruits et les légumes représentent chacun 8% des pertes avec un chiffre très élevé pour la salade (27%). 10 à 15% des pertes sont issues de la préparation des repas et de la mise au rebut de parties d’aliments qui pourraient être consommées. Un tiers des aliments jetés sont des aliments périmés, pas même ouverts. 55% des rebuts sont liés à des assiettes non terminées.

Cette étude de l’ADEME met en avant l’exemplarité des circuits courts qui profitent d’une bonne connaissance de leur client. Ils permettent de parler des produits aux consommateurs, de valoriser les manières de cuisiner les aliments ainsi que les fruits et légumes non calibrés. De nombreuses initiatives sont mises en place avec la grande distribution, nous nous concentrerons sur celles en lien avec les commerces de proximité, les particuliers et les producteurs dans le cadre de cette étude des circuits courts.

Les applis anti-gaspi !

Des mouvements comme Partagetonfrigo.fr, incubateur d’initiatives ou DiscoSoupe permettent d’évènementialiser le sujet du gaspillage et s’en font le relais sur les réseaux sociaux. D’autre part, de multiples applications voient le jour qu’il s’agisse de projets associatifs ou de start-up. Elles recouvrent aussi bien les échanges de produits bruts entre particuliers (Le Potiron, Les P’tits Fruits Solidaires, Hop Hop Food) que la revente de parts cuisinés en excédent (Mummyz).

Des solutions destinées aux particuliers permettent également de trouver des recettes à réaliser grâce aux aliments de son frigo (FrigoMagic). Les professionnels de l’alimentaire profitent de cette nouvelle filière pour valoriser leurs surplus. Il Etait Un Fruit réalise ainsi des encas à partir de fruits déshydratés et a levé 1,2 millions d’euros en 2017. La start-up envisage un chiffre d’affaire de 500 000 d’euros pour cette année et projette un chiffre d’affaire de 5 millions d’euros en 2020.

Optimiam et TooGoodToGo sont quant à elles deux applications référentes. Elles permettent de trouver, pour la première des produits grâce à la géolocalisation, et pour la seconde un commerçant de proximité chez qui une part d’invendu de la journée est à retirer sur place pour une somme de 50 à 70% remisée.
Optimiam a levé 500 000 euros. Too Good To Go ne communique pas sur ses levées de fond cependant, la start-up d’origine scandinave est déjà présente dans huit pays et annonce une croissance de 40% par mois.

Les projets d’économie circulaire sont au cœur de la thématique de l’anti-gaspillage et permet de récupérer du déchet, de le transformer pour ensuite le réutiliser. Ces projets se développent. C’est également le cas de la start-up Aurapager — fondée par quatre étudiants de l’Ecole Ferrandi — qui innove en proposant une restauration en food-truck à partir des restes des cuisines des restaurateurs.